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J’ai reçu une lettre ce matin, enfin un mail… Un mail tourné comme une lettre… Une lettre qui commence par « Madame » et qui finit par « Je vous prie de croire en mes vœux sincères de guérison. » Je suis malade… Une malade du cul pour résumer sa pensée de façon vulgaire, « une pauvre femme à plaindre, victime de sa libido et de ses pulsions » pour reprendre ses termes. Elle ne comprend pas comment je peux me vautrer ainsi dans la « débauche et la luxure », étaler sur le net cette litanie de perversions sans le moindre remords et sans un soupçon de moralité. Cette femme, qui a signé du nom de Catherine, et qui dit avoir mon âge, se revendique elle aussi comme « une femme issue de la bourgeoisie » (le mot de bourgeoise faisait probablement vulgaire, elle ne l’emploie pas une fois), et je la crois volontiers au style très soigné qu’elle manie, aux valeurs qu’elle veut défendre, et surtout à sa vision caricaturale de la société. Pour elle, la bourgeoisie a toujours eu vocation à éduquer les masses, leur « montrer la voie à suivre, » cette bourgeoisie doit « servir d’exemple, ce soit être un statut social qui sert de phare à la société (…) comme ce fut le cas au dix neuvième siècle. » Ah j’oubliais un détail, Catherine est prof d’histoire, et si je ne reproduis pas tout son mail ici c’est parce qu’il est très long (presque trois pages !) et intello limite soporifique (je ne tiens pas à faire fuir mes chers lecteurs). Mais je respecte cette personne qui a pris la peine de m’écrire si longuement pour m’exposer ses idées, et qui a eu l’intelligence de les défendre assez brillamment sans se montrer déplacée ou insultante. Aussi ai-je décidé de lui répondre dans le même style, sans haine ni agressivité, et aussi longuement qu’elle… Enfin, on verra, mais je sais que j’ai pas mal de choses à dire (sourire).
Je vous ai campé un peu le personnage, ses idées, son milieu, maintenant, ses reproches, que vous devinez, sont de trois ordres :
1er reproche :
Je suis une femme éduquée, de la haute société, je ne dois pas me comporter comme je le fais, et surtout « prôner » ce « dévergondage », faire « l’apologie du vice et des bas instincts ».
Catherine, puisque vous enseignez l’histoire, vous devriez savoir que la haute société n’a pas toujours été un modèle en matière de mœurs… Quid des orgies romaines, que je sache, ce n’était pas le bas peuple qui s’y livrait… Au Moyen Age, les rois n’étaient pas des modèles de vertus, et ce beau seizième siècle qui se termine avec les frasques du bon roi Henri, coureur de jupons incorrigible. Et n’est-ce pas ce joli siècle des Lumières qui a vu naître le divin Marquis… Marquis, que je sache, ce n’est pas non plus un membre du tiers état… Sacher Masoch au dix neuvième faisait aussi partie de la « haute », il est même mon modèle pour tout vous dire… Je suis en train de relire sa Vénus en fourrure… Un régal. Je me garderai bien de faire de la « haute société » un modèle de vertu, tout comme je ne tomberai pas dans la caricature en affirmant malgré mes exemples qu’elle n’est que débauche. Je suis bien placée pour savoir en ayant un cercle d’amis très bourgeois qu’il y a de tout parmi eux, comme probablement parmi la classe ouvrière : des coincés, des fêtards, des curieux et des pervers. (Moi je me classe dans les deux dernières catégories, perverse mais pas au sens maladif, médical et obsédé du terme… Juste déviante.)
2ème reproche :
J’ai 40 ans, je devrais avoir honte de « dévergonder cette pauvre Caroline qui n’a pas l’expérience dont je peux me targuer, ni le recul nécessaire pour faire les bons choix ». Catherine, je peux vous jurer sur ma foi (et je suis croyante !) que Caroline ne m’a pas attendu pour se dévergonder, et que malgré son jeune âge, sa perversité parfois dépasse la mienne. J’adore ce décalage entre la jeune fille bien sous tout rapport, qui lorsqu’elle est excitée, peut devenir la plus garce de toutes. Je ne suis que le catalyseur de sa « garcitude » (rires), son moyen d’expression. Comment pourrait elle exercer son autorité et sa perversité naturelle (j’insiste car elle l’était bien avant de me connaître) si je n’étais pas là ? Bon, oui, je sais, elle aurait probablement trouvé une autre fille qui aurait succombé sous son charme, une fille de son âge… Cela vous aurait il moins choqué si j’avais eu 20 ans de moins ? Oui probablement, c’est le rapport mère – fille qui doit aussi titiller votre sensibilité. Sur ce point je dois reconnaître que ce sont mes sens qui sont ainsi titillés. Là, vous avez raison. Je suis la mère qui est éduquée sévèrement par sa fille. Depuis un an que je vis avec Caroline, j’ai eu le temps de me faire à cette idée, elle m’excite beaucoup, je l’avoue, et Caroline aussi, je peux vous l’assurer. Derrière ce renversement des rôles et des pouvoirs qui nous excitent toutes les deux, c’est peut être le renversement d’un certain ordre établi qui vous gêne ? Mais le principal n’est il pas dans notre consentement mutuel. Toutefois, à ma décharge (peut être) je n’ai pas recherché une partenaire plus jeune que moi. J’étais même gênée plus qu’excitée au début de notre relation, je peux vous l’assurer.
3ème reproche :
Comment peut on faire l’apologie de l’humiliation, de la soumission, de la dégradation ??? Et pour reprendre la question qui a suscité son envie de m’écrire : « comment peut on prendre du plaisir à se fourrer une banane dans le vagin, puis à se l’écraser dans les fesses avant d’aller coucher, cela tourne au ridicule, je ne comprends pas que vous ne soyez pas submergée de honte. »
Je le suis Catherine, submergée de honte, mais hélas pour vous, c’est le moteur de mon plaisir. Et relater sur la toile cette honte la décuple aussi, et par voie de conséquence le plaisir qui va avec. Mais pour répondre à votre question, il faut bien sûr tout resituer dans son contexte, une personne non attirée par ce type de relation, je conçois qu’elle ne puisse comprendre, mais quand on aime ce sentiment de honte et d’abandon, quand on aime la personne qui vous fait vivre ces émotions, et bien on obéit, et on y prend un plaisir immense. Maintenant, pour quiconque, s’écraser la banane entre les fesses, ne représentera que de la gêne, c’est évident, maintenant, si c’est pour plaire et obéir à sa Maîtresse, ce geste prend une toute autre dimension. La soumission est un acte psychologique avant toute chose, pour pimenter les ébats amoureux. Car la banane dans la chatte, cela crée certaines sensations, Catherine, je vous conseille d’essayer (sourire), mais quitte à obtenir de bonnes sensations, rien ne vaut un bon vibro. Pourtant mon orgasme est plus fort car je suis dans la déviance, utiliser des objets non sexuels à des fins sexuels, cela décuple le plaisir, surtout quand vous y êtes encouragée par les remarques et moqueries de votre Maîtresse qui ensuite vous oblige à manger ou sucer ledit objet qui a fouillé votre intimité ou votre cul… Croyez moi Catherine vous seriez surprise des sensations procurées.
Voila, j’espère avoir répondu à vos questions, je sais ne pas vous avoir convaincu, nous sommes du même milieu (social) mais pas du même monde, un gouffre nous sépare, je réclame simplement un peu de tolérance.
Publié par lindasm à 17:49:37 dans Humeurs et réflexions | Commentaires (13) | Permaliens
20-03-2007 14:11
De Carole Sujet:
...
26-06-2006 09:18
De Jans Sujet:
vivre
25-06-2006 21:12
De el dri Sujet:
conscience
25-06-2006 15:48
De Sarah Sujet:
treve d hypocrisie
25-06-2006 13:17
De linda Sujet:
Jans
25-06-2006 13:03
De Jans Sujet:
justification
24-06-2006 22:15
De HIC Sujet:
C'est aussi comique
24-06-2006 19:17
De zepo Sujet:
perte de temps
Comment une femme de 44 ans, mariée et dominatrice dans son couple, est tombée sous la coupe d'une jeune étudiante en âge d'être sa fille, puis de sa propre soubrette... C'est ma vie intime depuis 3 ans que je relate ici : bourgeoise je suis et je reste, par mon éducation, mon attitude et le confort dans lequel je vis, mais de Maîtresse, je suis devenue soumise... Un ordre de Sora, ma toute jeune femme de ménage, et la cadre sup BCBG que je suis se transforme en un claquement de doigt, en une femelle docile, une chienne lubrique, une esclave obéissante...
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