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Masoch ou la soumis manipulateur | 03 novembre 2008

  Dessin de Crepax

Extrait n°1 de la Vénus en fourrure :

la naissance d'une idée

Masoch ou le soumis manipulateur

Je poursuis ma petite étude de cet auteur que j'adore, j'ai nommé le grand Léopold Von Sacher Masoch... Reportez vous à la rubrique « Sacher Masoch » pour lire la présentation que j'ai faite de cet auteur  ainsi que le début de mon analyse.  Dans l'extrait que je vous propose, le premier d'une série visant à faire connaître les écrits de Léopold Sacher Masoch, j'ai aimé l'habileté de l'écrivain à nous faire croire que l'idée de réduire Séverin en esclavage est née de Wanda elle-même. Une idée très moderne et très excitante. Quel soumis n'a jamais rêvé de se voir devancé dans ses fantasmes par celle qu'il aime ! Parvenir à mener sa partenaire où on le désire sans que celle-ci ne s'en rende compte, l'obliger à se dévoiler alors qu'il ne s'agit de répondre qu'au désir de l'autre. Séverin n'attend que cela, mais c'est Wanda qui formule l'idée et son cortège d'exigences qui va avec.

Remarquons que Séverin est appelé Séverine... Féminiser le soumis, lui ôter sa masculinité, première étape vers la soumission et l'abandon de son statut d'homme.

Remarquons également que Wanda envisage déjà l'esclavage de Séverin comme la possibilité de le tromper sans qu'il n'ait rien à redire. Nous avons ici les bases d'une soumission établie sur le cocufiage de l'homme par sa maîtresse.

 

***

« Enfin, voici une soirée en tête-à-tête. Wanda est si bonne, si cordiale, si gracieuse, qu'il semble qu'elle ait réservé pour cette seule délicieuse soirée tout l'amour dont elle m'a privé.

Quelles délices de me pendre à ses lèvres, de mourir entre ses bras et de plonger mes yeux ivres de joie dans les siens, alors que, toute défaillante de plaisir, complètement livrée à moi, elle repose sur mon sein !

Je ne puis encore y croire, je ne puis concevoir que cette femme soit à moi, toute à moi.

- Sous un rapport elle a encore raison, commença Wanda, sans s'émouvoir, sans seulement ouvrir les yeux, comme si elle dormait.

- Qui ?  Elle se tut. Ton amie ? 

Elle inclina la tête.

- Oui, elle a raison, tu n'es pas un homme ; tu es un rêveur, un séduisant adorateur, et serais certes un esclave inestimable, mais, comme époux, je ne puis penser à toi pour moi. 

Je fus épouvanté.

- Qu'as-tu ? tu trembles ?

- Je frémis en songeant combien facilement je puis te perdre, répondis-je.

- Eh bien, es-tu pour cela actuellement moins heureux ? reprit-elle ; cela t'enlèverait-il quelque part de ta joie, que j'aie devant toi appartenu à un autre, qu'un autre me possède après toi, et ta jouissance aurait-elle été moindre si, comme toi, un autre avait été heureux ?

- Wanda !

- Vois-tu, continua-t-elle, ce serait un expédient. Tu ne veux jamais me perdre, tu m'es cher et tu me dis fort moralement que tu voudrais me voir toujours vivre avec toi, quand auprès de toi je...

- Quelle idée ! m'écriai-je, je commence à éprouver une sorte d'aversion pour toi.

- Et m'en aimes-tu moins ?

- Au contraire. 

Wanda s'était soulevée sur son bras gauche.

- Je crois, dit-elle, que, pour subjuguer à jamais un homme, on doit, avant tout, oser lui être infidèle. Quelle honnête femme est aussi adorée qu'une hétaïre ?

- En effet, l'infidélité d'une femme aimée possède un charme douloureux, c'est la plus haute volupté.

- Pour toi aussi ? demanda vivement Wanda.

- Pour moi aussi.

- Si toutefois je te fais ce plaisir ! s'écria Wanda railleusement.

- J'en souffrirais alors affreusement, mais je t'en adorerais davantage, repris-je ; seulement, si tu osais jamais me tromper, tu devrais avoir la diabolique grandeur de me dire : "Je t'aimerai toujours, mais je rendrai heureux qui bon me semblera." »

Wanda secoua la tête.

- La trahison me répugne, je suis loyale, mais quel homme ne succombe pas sous le poids de la vérité ? Si je te disais : "Cette pure vie sensuelle, ce paganisme constituent mon idéal", aurais-tu la force de le supporter ?

- Certainement. Je veux tout supporter de toi, mais je ne veux pas te perdre. Je sens vraiment combien peu je t'appartiens.

- Mais... Séverine.

- C'est cependant ainsi, dis-je, et c'est même pour cela...

- Pour cela, tu pourrais... elle sourit malicieusement - l'ai-je deviné ?

- Être ton esclave ! m'écriai-je, ta propriété absolue et sans volonté propre, avec laquelle tu pourrais agir à ta guise et qui, pour cela, ne saurait t'être à charge. Je pourrais - pendant que tu savoures la vie à longs traits, que, plongée dans un luxe somptueux, tu goûtes le pur bonheur, l'amour de l'Olympe - te servir, te chausser et te déchausser.

- En somme, tu n'as pas tort, reprit Wanda, car seulement comme mon esclave pourrais-tu supporter que j'en aimasse un autre ; d'ailleurs la liberté de jouissance, à la façon du monde antique, ne peut s'imaginer sans esclavage. Oh ! ce doit être une sensation quasi divine que de voir devant soi des hommes s'agenouiller, trembler !... Je veux avoir des esclaves, entends-tu, Séverine ?

- Ne suis-je pas ton esclave ?

- Écoute-moi aussi, dit Wanda exaltée et me serrant la main, je veux être à toi tant que je t'aimerai.

- Un mois ?

- Peut-être aussi deux.

- Et puis ?

- Alors tu seras mon esclave.

- Et toi ?

- Moi ? que demandes-tu encore ? Je suis une déesse, et je descends parfois légèrement, fort légèrement, furtivement de mon Olympe vers toi. Mais que signifie tout cela ? » dit Wanda, appuyant sa tête sur ses deux mains, le regard perdu dans le vide, « un rêve doré qui n'aura jamais de réalité ».

Une mélancolie latente, inquiétante était répandue sur tout son être ; je ne l'avais jamais vue ainsi.

- Et pourquoi irréalisable ? commençai-je.

- Parce que l'esclavage n'existe pas chez nous.

- Allons donc dans un pays où il existe encore, en Orient, en Turquie, fis-je vivement.

- Tu voudrais, Séverine, sincèrement ? répondit Wanda. Ses yeux brûlaient.

- Oui, je veux sincèrement être ton esclave, continuai-je, je veux que ta puissance sur moi soit consacrée par la loi, que ma vie soit entre tes mains, que rien au monde ne me protège ou me défende contre toi. Oh ! quelle volupté quand je sentirai que je dépens tout entier de ton caprice, de ton bon plaisir, d'un seul de tes gestes ! Et puis, quels délices ! si tu es parfois assez gracieuse pour permettre à l'esclave de baiser la lèvre de laquelle dépend son arrêt de vie ou de mort ! 

Je me jetai à ses pieds et appuyai mon front brûlant sur son genou.

- Tu as la fièvre, Séverine, dit Wanda surexcitée, et tu m'aimes vraiment d'un amour infini. 

Elle me serra sur sa poitrine et me couvrit de baisers.

- Tu le veux ? reprit-elle hésitante.

- Je te jure ici, devant Dieu et sur mon honneur, je serai ton esclave, où, et quand tu voudras, aussitôt que tu l'ordonneras, m'écriai-je, me possédant à peine.

- Et si je te prenais au mot ? s'écria Wanda.

- Fais-le.

- C'est pour moi un charme sans pareil, dit-elle, là-dessus, de savoir qu'un homme qui m'adore et que j'aime de toute mon âme, se donne complètement à moi pour dépendre de ma volonté, de mon caprice, pour devenir mon esclave, tandis que moi... 

Elle me considéra d'un air singulier.

- Si je deviens très frivole, la faute en sera à toi, continua-t-elle ; je crois presque, maintenant, que tu as déjà peur de moi, mais j'ai ton serment.

- Et je le tiendrai.

- Laisse-moi, ce soir, répondit-elle. Maintenant j'y prends plaisir ; maintenant, j'en prends Dieu à témoin, cela ne restera plus dans le domaine du rêve. Tu deviens mon esclave, et moi... je vais essayer de devenir la Vénus à la fourrure. »

Voilà, que pensez vous de ce dialogue, je le trouve profondément sensuel et érotique... Deux amants se découvrent, et définissent leurs rôles, posent les jalons de leur relation future, qui s'avèrera des plus tumultueuse et passionnée...

Publié par lindasm à 00:53:28 dans Sacher Masoch | Commentaires (2) |

Masoch ou le soumis tyrannique | 23 mai 2008

  Dessin de Crepax

Masoch ou le soumis tyrannique

 

Masoch est pour moi le précurseur de la soumission moderne. Il a jeté les bases d'un plaisir qui est aujourd'hui partagé par grand nombre de contemporains du 21ème siècle, soit 150 ans plus tard. Il n'est évidemment pas le premier à avoir joui du fouet et de l'humiliation, mais à ce jour le seul qui nous en ait laissé un témoignage vibrant de sincérité et d'émotion.

Car la « Vénus en fourrure » de notre cher ami Léopold (von Sacher Masoch) n'est rien d'autre qu'une quête... La quête de la femme absolue... Celle qui le réduira en esclavage... Qui acceptera de porter la fameuse zibeline... et qui bien sûr, armée de son fouet, telle une amazone, lui fera subir mille tourments.

Masoch est ce que l'on peut appeler un soumis tyrannique. En cela il est un assez bon représentant des soumis d'aujourd'hui (je dirai environ 90%). Un soumis tyrannique est un homme qui a une idée très précise de sa soumission et qui veut l'imposer à sa dominatrice.

Voici d'ailleurs ce que Wanda déclare à la fin de leurs relations et qui tend à prouver ce que j'avance :

 

"Libre! Délivrée du tourment de dix années!... M'appartenir de nouveau à moi!... ne jamais plus mettre une fourrure, ne jamais plus tenir un fouet!... et ne jamais plus entendre dire le mot Grec!... Comme une lourde armure portée durant de longues années, qui m'avait comprimée gênée dans les mouvements naturels de mon corps et menacée de me mutiler."

 

 

Il a une image très fantasmée de sa maîtresse et il exigera qu'elle s'approche au mieux de cette représentation mentale. Masoch veut une maîtresse en fourrure et n'en démord pas. Qui aujourd'hui parmi les soumis oserait prétendre le contraire ? On se représente la maîtresse en cuir, en cuissardes, en latex, et ceux qui n'ont aucune exigence vestimentaire ou physique de leur dominatrice doivent à mon sens représenter 10% des soumis... Les autres sont de purs descendants de Masoch... Ils savent ce qu'ils veulent en matière de soumission, ils sont au fond des dominants qui ne laissent le pouvoir à leur maîtresse que le temps d'une petite fessée ou d'une petite séance le samedi soir. Je sais de quoi je parle, avec mon mari, au début de nos jeux, cela se passait ainsi. Ce n'est que progressivement que j'ai vraiment pris le pouvoir, et que notre relation a glissé vers un autre type de soumission, pour notre bonheur à tous les deux... Avec Wanda, c'est peut être un peu la même chose qui s'est produite, mais en plus conflictuel... Vous vous en rendrez compte lors de ma prochaine publication sur ce sujet.

Publié par lindasm à 18:00:41 dans Sacher Masoch | Commentaires (5) |

Qui est Sacher Masoch ? | 22 avril 2008

 Dessin de Crépax tiré de la « Vénus en fourrure ».

Il s'agit là d'un petit montage de deux planches restituant parfaitement le contexte de ce 19ème siècle où triomphe la bourgeoisie.

 

Qui est Léopold von Sacher Masoch ?

 

Masoch est un personnage de roman par excellence, et romantique aussi au sens littéral du terme : passionné, révolutionnaire. Existe-t-il beaucoup de romanciers qui aient voulu faire de leur vie, une œuvre à part entière. Existe-t-il beaucoup d'hommes qui aient osé concrétiser leurs fantasmes de soumission au vu et au su de tous ?

Mais avant de relater ici ma vision de cet écrivain méconnu et fascinant, de relater et commenter ses écrits, il faut je crois commencer par connaître sa vie, puisque celle-ci est indubitablement et inextricablement liée à son œuvre.

 

Les écrits qui suivent ne sont pas de mon fait, mais copiés à partir du site wikipédia. L'article   particulièrement clair et concis, met bien en lumière l'œuvre de Masoch à partir de son parcours personnel.

La vie d'un écrivain hors norme

« Leopold von Sacher-Masoch est né de Leopold von Sacher, préfet de police de Lemberg, et de Caroline Josepha Masoch, fille d'un médecin ukrainien. Caroline, ne pouvant nourrir son fils elle-même, le confia à une nourrice Ukrainienne dénommée Handscha. Les récits du folklore ukrainien de cette dernière et les mouvements révolutionnaires et nationaux dont il fut témoin marquèrent profondément le jeune Léopold, et par conséquent influencèrent ultérieurement son œuvre.

Après son doctorat en droit, Léopold von Sacher-Masoch étudie l'histoire. En 1856, il donne des cours à l'université de Graz et publie un ouvrage historique L'insurrection de Gand sous l'empereur Charles Quint. Il a une liaison avec madame Kottowitz, laquelle, au bout de 4 ans, le quitte pour un autre homme. Cette expérience malheureuse lui inspire La Femme Séparée. Il écrit des contes et des romans historiques, et forme le projet d'un cycle de nouvelles, Le Legs de Caïn, qui restera inachevé et devait comprendre six thèmes : l'amour, la propriété, l'État, la guerre, le travail, la mort.

En 1869, il fait la connaissance de Fanny Pistor dont il s'engage à exécuter tous les ordres et désirs pendant six mois. L'année suivante, ils partent en Italie pour mettre en pratique cet engagement. Mais Léopold rentre seul en Autriche et écrit la version définitive de La Vénus à la fourrure ; il en avait déjà rédigé une première version au début de sa liaison avec madame Kottowitz.

Il croit avoir trouvé l'incarnation de Wanda de Dunajew (héroïne du roman) en la personne d' Aurora Rûmelin qui deviendra sa femme en 1873. Leopold signe un contrat que « Wanda » (C'est ainsi que désormais il appelle Aurora) a rédigé, à son instigation : « Je m'oblige, sur ma parole d'honneur, à être l'esclave de Mme Wanda de Dunajew, tout à fait comme elle le demande, et à me soumettre sans résistance à tout ce qu'elle m'imposera. » (déclaration située à la fin du contrat). Pour que s'accomplisse pleinement son fantasme, il se met à chercher, mais en vain, l'homme (« le Grec » dans le roman) avec lequel Wanda le cocufierait et, en outre, le ferait battre. Dans le cadre de cette recherche, un étrange échange épistolaire se produit entre le couple et un mystérieux inconnu qui signe Anatole (peut-être Louis II de Bavière). Mais petit à petit le mariage se délite, Wanda ne parvenant pas à tenir son rôle. En 1882, elle le quitte pour vivre avec un journaliste du Figaro. La douleur qu'ils éprouvent à la mort de leurs fils ne parvenant pas à les réconcilier, le divorce est prononcé en 1886. La même année, Léopold fait un voyage à Paris où il est nommé dans l'ordre de la Légion d'honneur. Il termine sa vie à Lindheim en compagnie de Hulda Meister, sa nouvelle femme, avec laquelle il a eu deux filles (Olga et Marfa) et un fils (Ramon).

La Vénus en Fourrure

Son chef-d'œuvre est incontestablement La Vénus à la fourrure qui fait partie du thème de l' Amour de son cycle principal, Le legs de Caïn (seul les thèmes de l'Amour et de la Propriété furent achevés). Le narrateur de ce roman, ayant rêvé d'une Vénus vêtue d'une fourrure décide, d'aller raconter son rêve à son ami Séverin. Chez celui-ci, il comprend vite que deux peintures (une reproduction de La Vénus au miroir de Le Titien et un tableau représentant une femme dominatrice avec un homme à ses pieds) ornant le salon de son ami sont à l'origine de son expérience onirique. Séverin lui remet alors un manuscrit intitulé Confessions d'un suprasensuel ; dorénavant et presque jusqu'à la fin du roman le lecteur aura sous ses yeux ces confessions. Roman dans le roman, Confessions d'un suprasensuel raconte comment Séverin devient volontairement l'esclave d'une femme, Wanda von Dunajew, qui, à sa demande, le maltraite et l'humilie.

À la fin du roman, Séverin affirme à son ami : « la femme, telle que la nature l'a faite, et telle qu'elle attire l'homme de nos jours, est son ennemie et ne saurait être que son esclave ou bien son tyran, mais jamais sa compagne. Cela, elle ne pourra l'être que lorsqu'elle sera son égale en droits, son égale aussi par son éducation et par son travail ».

 

Que pensez vous de cette dernière réflexion ? N'est il pas visionnaire ? N'est il pas digne d'une modeste réhabilitation sur mon blogg ?

Publié par lindasm à 16:21:40 dans Sacher Masoch | Commentaires (2) |

Sade ou Masoch ? | 07 décembre 2007

 

SADE OU MASOCH ?

 

Réponses conjointes à Sheitan et Sacher...

Deux commentaires laissés par deux lecteurs assidus m'ont poussé à leur répondre au su et au vu de tous, et surtout à inaugurer une rubrique qui me trottait dans la tête depuis un certain temps.

Sacher avoue son ignorance quant à mon allusion au « grand Léopold » sur son pseudo, et Sheitan a écrit ceci :

« Mais euh, j'aime pas trop (les vidéos)... Désolée si je dis des bétises car, encore une fois, je n'y connais rien, mais j'ai l'impression que votre relation à vous est beaucoup plus basé sur l'aspect "humiliation-domination" du SM que sur la véritable douleur ??? Pouvez vous m'éclairer sur ce point ??? Bien à vous Sheitan »

Et bien figurez vous que je vais faire d'une pierre deux coups, et ma réponse permettra d'éclairer les lanternes de nos deux « amis » et au final, vous verrez que tout se tient et que tout va dans le même sens.

Sacher... Comment revendiquer le surnom de Sacher et ne pas connaître le grand Léopold ? Il s'agit ni plus ni moins que le grand Léopold Von Sacher Masoch... Auteur entre autres de la « Vénus à la fourrure ». C'est à lui que nous devons le terme de Masochisme.

Je ne suis pas fan de Sade à qui on a associé très vite le nom de Masoch... Sade, c'est vraiment le sadisme teinté d'une critique sociale acerbe. Ce sont souvent les religieux bedonnants qu'il abhorre qui torturent et profitent des pucelles. Nous sommes dans la société pré-révolutionnaire, Sade ne fait pas partie comme j'ai pu le lire de ce courant des « Lumières », ou alors à sa marge extrême. Si l'on considère le sexe comme vecteur d'une critique sociale, alors oui, je vous l'accorde, mais à mon sens, Sade est plus un libertin qui se complaît à se défouler sur cette société d'ordres rigide, pétrie de privilèges (dont il était le premier à bénéficier d'ailleurs avant que sa « carrière » ne lui joue de vilains tours). Il se libère de ses pulsions en les couchant sur papier, n'oublions qu'il a été condamné à 30 ans de prison, et que la plupart de ses œuvres ont été écrites entre 4 murs ! Il a donc une certaine haine de cette société qui le rejette et le condamne, et cela se ressent dans ses écrits... D'où cette violence pornographique encore choquante de nos jours (alors à l'époque, c'était vraiment... révolutionnaire)

Ce n'est pas du tout le cas de Léopold von Sacher Masoch. Il n'y a pas de critique de la société, encore moins de haines. Néanmoins, on peut y déceler un désir réel de renverser l'ordre des choses, l'ordre social de ce siècle où triomphe la bourgeoisie. Léopold est riche, fortuné, de situation enviable et il désire plus que tout renoncer à tout cela, remettre sa liberté à une femme cruelle et dominatrice. Certes, il veut souffrir de ses mains et y recevoir le fouet, mais réduire ce grand auteur à ce désir de souffrance est réducteur... Et pourtant c'est la définition de masochisme ?

Masoch est l'inventeur du contrat d'esclavage, et bien plus que la souffrance, c'est l'humiliation, la soumission, la vénération qu'il recherche. Et pour cela, monsieur a ses exigences : le fouet et surtout la fourrure... Masoch est un grand fétichiste... Alors je me sens bien plus proche de ce personnage, de ses aspirations, de son univers fantasmatique que celui de Sade...

Et pour conclure ce petit billet intellectuel, je répondrai du même coup à Sheitan : ce n'est pas la violence et la douleur (si présentes dans les œuvres sadiennes) que je préfère dans ma relation avec ma Maîtresse, mais l'humiliation, la vénération, le respect, le renversement de l'ordre établi qui aurait du me mettre dans le rôle de la Maîtresse et Caroline, celui de l'esclave, parce que plus jeune, plus inexpérimentée, à la condition plus que précaire...

Donc Sheitan tu avais vu juste en qualifiant ma relation avec Caroline comme s'approchant davantage de l'aspect « humiliation - domination »... Et pour te rejoindre complètement sur le sujet, je ne suis pas fan non plus de ces vidéos trop « extrêmes » à mon goût : trop de sadisme, de violence, de donjon, de professionnalisme glacial et surfait... Vous voyez je ne me gêne pas pour critiquer ce qui est publié sur mon propre blogg, mais ma Maîtresse, Elle, apprécie cet esthétisme, alors... Respect... Les goûts et les couleurs...

Publié par lindasm à 16:13:28 dans Sacher Masoch | Commentaires (7) |

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Moi

 


Comment une femme de 44 ans, mariée et dominatrice dans son couple, est tombée sous la coupe d'une jeune étudiante en âge d'être sa fille, puis de sa propre soubrette... C'est ma vie intime depuis 3 ans que je relate ici : bourgeoise je suis et je reste, par mon éducation, mon attitude et le confort dans lequel je vis, mais de Maîtresse, je suis devenue soumise...  Un ordre de Sora, ma toute jeune femme de ménage, et la cadre sup BCBG que je suis se transforme en un claquement de doigt, en une femelle docile, une chienne lubrique, une esclave obéissante...



Me joindre : smlinda@hotmail.fr



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